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la Colombe blanche

tetuan.jpg 

Tétouan, en arabe Titwan ou Tittawen est la capitale du nord du Maroc. Ville et wilaya de la région Tanger-Tétouan qui s’étale le long de la côte méditerranéenne.

Image andalouse du Maroc, elle est “la Colombe blanche” des poètes arabes. Elle est surnommée aussi “la fille de Grenade” ou “la petite Jérusalem”.

Elle se situe près du détroit de Gibraltar à l’extrême nord de la chaîne montagneuse du Rif occidental, à environ une trentaine de kms de Sebta (Ceuta), enclave espagnole. Elle se situe dans la vallée du fleuve Martil, entre les montagnes Dersa et Ghorgiz à environ 10 kms de la méditerranée.

Elle a été fondée au IIIème siècle avant J-C.

L’histoire de cette ville se caractérise par des périodes de splendeur et de déclin. Elle a été fondée pendant la période romaine. Des objets extraits de fouilles datent du IIIème siècle avant notre ère et proviennnent de la ville antique de Tamuda. Cette dernière fut détruite par les Romains en 42 après J-C. Les Phéniciens y établirent en leur temps un comptoir à l’embouchure de l’Oued Martil.

La région de Tétouan s’est réanimée avec l’avènement de l’Islam. Grâce à sa position, elle constitue l’unique passage entre l’intérieur du pays et la péninsule ibérique. D’autres villes naissent à proximité comme Tanger et Sebta (Ceuta).

C’est pendant le règne Mérinide en 1307 que le sultan Abou Thabet fit bâtir la ville fortifiée de Tétouan. Son but était la construction d’une base militaire pour faire contrepoids à la ville de Sebta et la récupérer des mains des Espagnols. Après maintes et maintes tentatives, ces derniers se vengèrent en attaquant Tétouan et en la détruisant à la fin du XIVème siècle.

Lors de la chute de Grenade en 1492, à la suite de la politique inquisitoriale des Rois Catholiques (Ferdinand et Isabelle), de nombreux musulmans quittent le Sud de l’Espagne et s’installent sur les ruines de Tétouan. La ville fut reconstruite par le grenadin Sidi Ali Al-Mandri dont le nom, à la fois historique et mythique, est devenu le symbole de la ville. Elle devient un lieu d’accueil de la civilisation andalouse à partir de la fin du XVème siècle. Sa reconstruction avait pour objectif d’écarter les menaces Sa reconstruction avait pour objectif d’écarter les menaces espagnoles et portugaises. Ces deux pays avaient occupé toutes les villes côtières du Maroc, qui, à cette époque, était divisé en l’absence de tout pouvoir central.

Durant le XVIème siècle, Tétouan a connu une période prospère sous le règne du sultan Moulay Ismaïl. Cependant, la tendance régionaliste des gouverneurs de Tétouan a entraîné une confrontation avec le pouvoir central. En effet, pendant une grande période, Tétouan est gouvernée par la famille Al-Naksis qui luttent pour l’indépendance de Tétouan par rapport au pouvoir central jusqu’à ce que Ahmed Al-Naksis soit exécuté par ordre du Sultan Moulay Ismaïl. Cette tradition d’autonomie et de régionalisme continue d’exister sous d’autres formes.

La confrontation militaire contre l’Espagne et le Portugal a dominé l’histoire de Tétouan aux XVIème et XVIIème siècles. Durant cette période, la ville a constitué une menace permanente pour les Ibériques car les navires de guerre tétouanais pouvaient se réfugier dans le port où ne pouvaient entrer aucun grand navire.

L’occupation des ports marocains a permis à Tétouan de connaître un véritable essor économique aux XVIIème et XVIIIème siècles. La ville était la porte principale du Maroc puisque son port constituait la seule ouverture pour le commerce intérieur d’une part et la Méditerranée de l’autre. Pendant cette période, l’anneau d’enceintes de la ville est agrandi et renforcé au moyen de nouvelles fortifications ce qui donne à la médina sa configuration actuelle.

Il faut souligner l’importance de la présence des consuls à Tétouan en tant que capitale diplomatique du Maroc au cours du XVIIIème siècle.

Au XVIII° siècle, Tétouan vécut un moment de grande splendeur grâce à la grande personnalité de Kaïd Ahmed. Après sa mort, la confusion règna à Tétouan.

Le XIXème siècle est la “période noire” de l’histoire de Tétouan à cause de la pénétration économique européenne au Maroc. Cette ville a connu des périodes de pestes et de famines. En 1857, le port de Tétouan cesse défintivement ses activités maritimes après la destruction de ses bateaux par les Espagnols. Ces derniers réussirent à occuper la ville après la guerre de 1860 et ne s’y retirèrent qu’après le paiement d’une indémnisation en 1862.

Le protectorat débute avec l’occupation pacifique de la ville par le général Alfau en février 1913. La ville devient la capitale du protectorat espagnol du nord du Maroc, siège de la résidence générale. Les Espagnols rencontrèrent beaucoup de difficultés à cause de la résistance des Kabiles sous le commandement de Raïssouni.

Le protectorat espagnol au XXème siècle a souffert de la résistance menée par Abdelkhalek Torrès leader des nationalistes de la zone Nord et Abdelkrim Khattabi leader des combattants rifains.

En 1936, le général Franco débarque à Tétouan par voie aéréenne pour prendre en charge la tête de l’armée d’Afrique et débuter la guerre civile espagnole.

Entre 1913 et 1956, Tétouan a connu un nouvel essor politique, économique et artistique. Après l’indépendance la ville doit s’adapter à une nouvelle administration en devenant la capitale de sa province.

La médina de Tétouan, patrimoine mondial, occupe aux yeux des spécialistes la première place de toutes les médinas du Maroc. Elle a conservé une âme andalouse qui fait d’elle la plus hispano-mauresque des villes marocaines. Ce style prend ici toute sa dimension, notamment dans les quartiers d’habitation où les grilles en fer forgé des fenêtres, les balcons andalous, la blancheur des murs donnent toute leur expression à ces épaisses façades immaculées.

Le Palais Royal, édifié au XVIIe siècle et restauré au début du XXe, garde cette allure avec ses plafonds de bois peint et ses dentelles de stuc.

La médina est située sur une pente douce de la montagne Dersa entourée par cinq kilomètres de remparts. Plusieurs bastions sur la face extérieure des murailles indiquent la fonction historique des imposantes fortifications. Tétouan possède d’impressionnants édifices publics de style islamique tels que de vieilles auberges (fondouks) et des mosquées anciennes avec leurs minarets qui caractérisent le profil de la ville.

On peut accéder à la médina par Bab Okla, une des plus belle porte et la plus fréquentée de la ville. En face de cette porte, on peut apercevoir une spectaculaire fontaine avec de la faïence et de la calligraphie, qui malheureusement n’est plus en service. Après avoir franchi cette porte sur la gauche, se trouve à quelques mètres le musée ethnographique SKALA. Un peu plus loin , on débouche sur le quartier Souika, une des zones les plus anciennes de la médina où vécut le général Franco durant son séjour à Tétouan. Ce quartier abrite la mosquée de Lalla fariya construite en 1170 qui est la plus ancienne de toutes.

Le Souk El Hout est une charmante petite place plantée de quelques arbres où l’on peut admirer la beauté des vêtements -plutôt tradionnels- fabriqués à la main, suspendus devant la porte des boutiques. Au centre de la place, des femmes vêtues du costume traditionnel, qui se caractérise par le “Mendil” essentiellement rayé en rouge et blanc ou parfois du bleu en plus, sont assises derrière des étalages de mendils, qui peuvent servir comme pièces de décoration. Elles vendent d’autres oeuvres typiques de la région tétouanaise. A quelques mètres de là, la rue des bijoutiers dévoile ses multiples charmes, sous forme de pièces d’artisanat.

En partant de la place Souk El Hout vers le nord-ouest à travers la rue Khaddarine, on atteint la place Ghersa El Kbira, sorte de marché aux puces. On peut y trouver de tout, du matériel de tout genre, vieux et neuf. Elle est aussi le domaine des marchands de tissus et de vêtements. Les étoffes chamarrées, unies et précieuses sont un véritable émerveillement. En passant par Al Kharrazine où se fabrique une part de l’artisanat local à base de cuir, on arrive à Bab M’Kabar dont l’arc est l’un des plus beau de Tétouan. A côté, se trouve la zaouiya El Harrak.

Depuis la Ghersa El Kbira en se dirigeant vers le nord-est et en empruntant la rue Siaghine, on arrive au sanctuaire de Ali ben Raïsoune avec sa jolie tour octogonale qui date de 1823.

Depuis Bab M’kabar, on accède au Souk El Fouki, avec au milieu, de nombreux étals proposant les traditionnelles miches rondes et plates qui dégagent une délicieuse odeur. On y trouve le sanctuaire de Sidi Ali Baraka avec sa coupole et sa jolie porte. En continuant à travers la rue M’kaddem, on passe près de la mosquée Loukache qui date du XVIIIème siècle contruite par El Kaïd Ahmed.

Le Souk El Fouki communique à travers le mechouar avec Feddane et le Palais Royal. Ce passage est actuellement condamné. Dans ce quartier, il y a la place Feddane avec le Palais Royal, le mechouar, la résidence générale espagnole, la zaouiya de Sidi Abdellah Al Fakhar etc. Par le Feddane à travers la porte Bab Rouah en traversant la rue Tarrafine, où abondent les commerces de tissus et les bijouteries, on accède à la place Souk El Hout.

En traversant les anciennes murailles par la rue Kasbah, on arrive à la mosquée Kasbah, construite par Sidi Al Mandri, qui date de 1483. En continuant le chemin à travers des arcs, on arrive à la mosquée Jamaa El Kébir qui date de 1807 avec ses trois portes, son élégant patio central et son grand minaret de 20 mètres décoré par des faïences vertes et blanches. Plus loin, on arrive à Sidi Saïdi qui date de 1609, de style purement marocain avec de belles mosaïques. A travers la porte de Bab Saida ou celle de Bab Jiaf qui se trouve plus au nord, on peut quitter la médina.

Le quartier Trankate se situe au centre-ouest de la ville, c’est un quartier commercial et très fréquenté qu’on atteint par la porte Bab Toute. Sa rue principale mène à Niyarine qui se joint à l’Aayoune. Dans ce dernier quartier, qui se finit à la porte Bab nouader et qui donne accès au Souk Fouki par la porte Haddadine, se trouve la mosquée Al Fassi qui date de 1592. Le quartier Trankate est relié à la place Feddane par la rue Kaïd Ahmed dans laquelle se trouve la maison du leader AbdelKhalek Torrès.

En pénétrant dans la rue M’tamar où on réunissait les prisonniers chrétiens, se trouve le quartier chic et aristocratique des anciens Andalous, très peu commercial, solitaire, avec de nombreux arcs. On y trouve les maisons renommées de Ben Aaboud, Erzini et de la famille Afaïlal.
Dans le quartier Jenoui se trouve la résidence de la famille Lebbadi, actuellement appelé Palais Bricha ainsi que la mosquée Erzini avec son haut minaret couvert de faïences.

Le Mellah, ancien quartier de la communauté juive, est le quartier commercial des fruits secs. Il se caractérise par de belles maisons avec leurs balcons, des rues étroites et droites qui communique avec Feddane. Il a connu sa splendeur durant le protectorat espagnol.

Nous vous conseillons la vigilance lors de la visite de la médina et des souks.

Atadami es la fuente

 

4 comentarios

  1. hola !
    una importante nota para jose luis tetuan era la capital del norte en los años del protectorado español en el norte de marruecos ahora la capital del norte de marruecos es tanger y del sur rabat y la capital economica del pais es casablanca y del extremo sur de nuestro amado sahara es la ciudad de layun . un saludo

  2. José Luis es el propietario intelectual de la foto y yo lo soy del blog, no tenemos relación.
    Tetuán tiene para mi muy gratos recuerdos ya que pasé gran parte de mi infancia en la zona del Rif y cada domingo íbamos a Tetuán ó a Tánger.
    Sé perfectamente que Rabat es la capital y que Dar baidá es la económica, la he visitado hace algunos años. Es donde se encuentra la gran Mezquita mandada construir por el malik Hassan II, padre del actual rey (malik) Mohamed VI y donde reposan sus restos.
    Marruecos es para mi como mi segunda patria.
    Saludos.

  3. jonkepa
    a vale amigo a ti ya te conozco soy el rifeño solo que cambie de nik porque yo soy rifeéno y en el mismo tiempo hijo de tetuan y conozco muy bien la historia de mi ciudad donde naci y vivo desde siempre .
    lo que te queria decir a ti solo es que tetuan no es considerada hoy en dia la capital del norte de marrueco sino es tanger .
    un saludo amigo .
    !VIVE SM LE ROI MOHAMED SIX et VIVE LE MAROC!

  4. Pues si tienes la historia de Tetuán, me gustaría que la colgaras aquí como complemento a este escrito.
    Pero solo la historia, nada de política, eso en otros escritos.
    Un saludo.

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